La Forêt - Exploitation

La forêt et son exploitation >> Vie de la fôret : animale, végétale
- Département : 47
- Canton : Fumélois - Lémance
- Commune :
- Siècle :

Grands points d’évolution

En Gaule, dans nos forêts on trouvait déjà le chêne, l’érable, le bouleau, l’orme et le saule.
Le châtaignier semblerait émigré d’Asie, et n’a été connu que beaucoup plus tard. Les premiers spécimens auraient été apportés par les Sardes.

Le massif forestier du Sud du Périgord, paysage de collines, modelées par le calcaire et recouvertes de placages sidérolithiques et de terre ferrugineuse, sols pauvres, explique le boisement important.
Ce massif de 1000 km² s’étend de Belvès à Fumel et de Monpazier à Cazals :
« Le Pays naou »…
 Pays où émergeaient quelques maisons ou hameaux, au milieu de terres cultivées entourées
de bois.
Comme autrefois, de nos jours, la forêt est aussi variée que les sols :
-  «  piccadis »  ou taillis de chêne noir (chêne Tauzin)
taillis de feuillards (châtaignier dense)
bruyère,
Fougères
et depuis le milieu du 19éme siècle,
- du pin maritime.

*Au 16éme siècle, pour la production de 50kg de fer, les opérations d’extraction de minerai dans les bois de la région nécessitaient 150 kg de minerai et il fallait, en même temps, dévaster 2500m² de forêt.
Le haut agenais était une région industrielle très active, mais la forêt était aussi le refuge des proscrits et des brigands. Les loups étaient également souvent signalés dans la région.

*Au 18éme siècle, la principale population était celle des charbonniers qui faisaient « cuire » le charbon Petites gens, non propriétaires qui prenaient à « moitié fruit » des parts de bois. Les nombreuses forges avaient des équipes de charbonniers .
C’est l’abondance du bois qui avait contribué au fort développement de l’industrie métallurgique.
Vers 1740, il y avait de nombreux moulins à papier à Fumel, Cuzorn, Sauveterre, St Front, Gavaudun, Blanquefort (14 sur le territoire).Celui de Blanquefort avait commencé à produire dés 1650 et ne fonctionnait plus en 1741 .

*1856 : des forges de Blanquefort consommaient 15m3 de charbon par 24 heures, pour une production de 2500 kg de fer.
L’exploitation intensive des futaies de feuillus fit que les taillis de faible valeur prirent le dessus.
- Ainsi le bois de feu avait remplacé le bois d’œuvre -

A cette époque donc, il restait peu de travailleurs du bois : sabotiers, charrons, scieurs de long
les charbonniers restaient les seuls forestiers.

*1840, à la suite de cet épuisement de la forêt les pins maritimes redevinrent une essence plus intéressante, pour : les bois de mine, les premières traverses de chemin de fer traitées au créosote, puis plus tard, les poteaux de téléphone, mais le taillis reste toujours présent.

*Avant cette période, le pin n’était pas une espèce de valeur. Il était avant cette époque absent et honni des forêts bien tenues. Les seuls bois de valeur étaient le chêne et le châtaignier qui constituaient le pivot économique de nos régions.

L’élevage et les petits métiers reposaient sur le bois et par là,le pays méritait bien son appellation de « Pays au bois ».

Certains bois, comme le châtaignier fruit étaient mis en champ, on labourait sous leurs ombrages.
leurs fruits formaient une des bases de l’alimentation des hommes et des animaux.

* En 1884, un habitant de Blanquefort déclarait qu’il était obligé de vivre de châtaignes et de millet.
Plus tôt, vers 1810, dans nos communes et celles de la Dordogne, le châtaignier fruit couvrait plus de la moitié de la superficie.
A cette époque, la bruyère se vendait jusqu’à Bordeaux et servait pour la litière des animaux.
Les champs entourés de bois produisaient peu et il fallait en plus se défendre contre les sangliers qui dévastaient le peu de récolte qui restait dans les clairières. Nos arrières grands parents passaient des nuits de veille en menant grand bruit.
* Pendant le 19éme siècle, le chêne fournissait le tan .Tanneurs et cordonniers étaient nombreux.
De Saint Etienne des Landes à La Capelle Biron, on produisait beaucoup d’écorce qu’on écrasait ensuite dans des moulins voisins ; comme celui de Saint Avit.
Sous les chênes et le châtaignier poussaient déjà les champignons.
Porcs et moutons pacageaient glands et châtaignes et les bovins mangeaient les jeunes pousses de chêne. On conservait ces jeunes pousses l’hiver pour suppléer au manque de fourrage qui était un mal chronique à l’époque.

*20éme siècle : 1912 le gemmage devint une activité importante. Le résinier est alors le principal ouvrier forestier. L’homme du pays n’étant pas préparé à ce travail d’entaille (carres) ; des ouvriers landais,
surtout, sont venus.
Jusqu’en 1960, la gemme a représenté un revenu important, ce qui a favorisé l’implantation du pin maritime et ralenti jusqu’à cette époque l’exode rural, déjà très marquant dans les communes non boisées.
Les taillis de châtaignier ont alors pris le relais, en particulier grâce au parquet et au lambris fabriqués par de nombreuses parqueteries dont certaines ont disparu depuis.
En 2006, les prix du bois sont bas, si on les compare à ceux qui se pratiquaient dans la deuxième moitié du XXème siècle. Seul le bois d’œuvre, bois de qualité, conserve des prix attractifs.

Le pays aux bois est en pleine transformation, mais il est encore loin de ressembler au massif landais beaucoup mieux structuré. Ici,
- un morcellement important ralentit la modernisation rapide du massif.
- Peu ou pas de pistes forestières,
ce qui rend notre forêt vulnérable en cas d’incendie et pose le problème de l’exploitation des parcelles boisées car, si en 1950 chaque propriétaire exploitait sa forêt pendant les mois d’hiver ,.en 2006 la mécanisation les a remplacés mais les volumes exploités sont en baisse alors que la forêt est sous exploitée.



Recherche de Pierre MESQUI Sources :






Auteur : P. Mesqui


  

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