FICHE BIOGRAPHIQUE DE Pierre Sylvain REGIS

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- Département : 47500
- Canton : Fumel
- Commune : Blanquefort-sur-Briolance
- Siècle :

Pierre Sylvain REGIS est né en 1632 à LA SALVETAT DE BLANQUEFORT, dans le Comté d'Agenois. D'après FONTENELLE (cf note 1), « Son père était assez riche mais il eut beaucoup d'enfants, et M. REGIS qui était un des cadets se trouva avec peu de bien » Il étudie les Humanités et la philosophie à CAHORS chez les jésuites, puis, à la faculté, la théologie.

D'après Fontenelle, il se rend « si habile en 4 ans que le corps de l'université le sollicitant de prendre le bonnet de docteur, lui offrit d'en faire tous les frais ». REGIS considère qu'il doit étudier en Sorbonne et monte donc à PARIS.

Là, par les conférences de ROHAULT, il commence à connaître la philosophie cartésienne. Son maître, « zélé pour la doctrine, donna tous les soins à un disciple qu'il croyait propre à la répandre » (1).

REGIS se rend à TOULOUSE tenir des conférences publiques en 1665. Il a « une facilité agréable de parler, le don d'amener les matières abstraites à la portée de ses auditeurs » (1). Savants, magistrats, ecclésiastiques viennent l'entendre. Reparti avec le marquis de VARDES pour AIGUES MORTES, il le suit ensuite à MONTPELLIER en 1671 avec la même activité et le même succès qu'à Toulouse (Cf. note 2)

Monté à PARIS en 1680, ses conférences ont « un éclat qui leur devint funeste.. »(1). Au bout de 6 mois, l'archevêque de Paris, M. De HARLAY, « par déférence pour l'ancienne philosophie »(1), donne à P.S. REGIS l'ordre de les suspendre. C'est le temps où la persécution contre le cartésianisme est au plus haut. REGIS écrit alors un système général de philosophie, qui après difficultés et oppositions, paraîtra en 1690 sous le titre « Système de Philosophie contenant la logique, la métaphysique, la Physique et la morale ». Engagé à défendre la philosophie cartésienne, il répond en 1691 au livre du Père Daniel HUET intitulé « censura Philosophia cartesiana ». L'année suivante, REGIS se défend contre « un habile professeur de philosophie, qui avait attaqué son système général », Jean du HAMEL. En 1694, c'est cette fois à MALEBRANCHE qu'il réplique, en matière de physique, de métaphysique et de morale, répliques qui paraîtront dans le Journal des savants.


Il entre à l'Académie des Sciences en 1699,
Il a « beaucoup de commerce avec des personnes du premier rang » (note 1), comme en France le Prince de CONDE qui « l'envoyait chercher souvent » ou, à l'étranger, le duc d'ESCALONE, grand d'Espagne, vice roi de Naples.
REGIS publie en 1704 sous le titre « L'usage de la raison et de la foi, ou l'accord de la foi et de la raison »un livre dont un passage est consacré à la réfutation du système de SPINOZA.
Mais ses infirmités, plus continues et douloureuses, ne lui permettent plus de travailler. Il meurt le 11 janvier 1707 chez le duc de ROHAN.



note 1: Éloge de Pierre Silvain Regis par FONTENELLE - Histoire de l'Académie royale des sciences, Année 1707 (www.academie-sciences.fr/archives/doc_anciens/.../p157_165_vol3489.pdf )



note 2: Le mouvement scientifique montpelliérain au XVIIIe siècle, Dr Louis DULIEU, Revue d'histoire des sciences et de leurs applications ( Année 1958, Volume 11, numéro11-3 pp. 227-249) www.persee.fr/.../rhs_0048-7996_1958_num_11_3_3648


QUEL HOMME ETAIT-IL?

Fontenelle, dans son éloge, évoque les mœurs de M. REGIS. Dans son rapport à la fortune: « les occasions qu'il a eues lui ont été aussi peu utiles qu'elles le devaient être ». Ainsi, « l'estime et l'amitié fort vive que le feu P. PERRIER, confesseur du roi avait prises pour lui à Toulouse , ne lui valurent qu'une très modique pension sur la Préceptoriale d'Aigues-Mortes »
Il relève que « quoiqu'il fut accoutumé à instruire, sa conversation n'en était pas plus impérieuse, mais elle était plus facile et plus simple parce qu'il était accoutumé à se proportionner à tout le monde. Son savoir ne l'avait pas rendu dédaigneux pour les ignorants, en effet on l'est ordinairement d'autant moins à leur égard, que l'on sait davantage, car on sait mieux combien on leur ressemble encore ».



NOTORIETE

De son vivant, P.S. REGIS est connu non seulement dans les villes où il tient ses conférences, mais également des plus hautes sphères intellectuelles et politiques qu'il côtoie lorsqu'il s'établit à PARIS (cf supra ). Il est l'un de ses représentants les plus éminents de la « nouvelle philosophie », comme on appelle alors le cartésianisme. La paradoxe relevé par de nombreux historiens et philosophes est que celui-ci, en même temps qu'il connaît un succès certain dans la seconde moitié du 17ème siècle auprès d'une partie des classes les plus élevées de la société, rencontre également de farouches et puissants adversaires. Ce qui explique que REGIS puisse à la fois être accueilli avec succès et connaître des personnages célèbres, et d'un autre côté, avoir des difficultés dans la publication de ses livres.

Cette notoriété lui survivra, en tant que diffuseur du cartésianisme. Son nom est cité par de nombreux biographes des 18 ème et 19ème siècle (De FELLER, J.C.F. HOEFER, DEZOBRY et BACHELET, LE MOYNE DES ESSARTS).Il est même mentionné comme homme remarquable du Lot et Garonne, dans le dictionnaire d’Abel HUGO (France pittoresque, 1835). P.S. REGIS figure dans des dictionnaires « généralistes » contemporains tels le ROBERT ou le LAROUSSE. De nombreuses études sur le cartésianisme font référence à sa place et à son rôle particulier.



SES ŒUVRES
Elles sont conservées et consultables à la B.N.F.
- Système de philosophie, contenant la logique, la métaphysique, la physique et la morale, 4 vol. (Lyon ou Paris, 1690) augmenté d'un discours sur la Philosophie ancienne et moderne, où l'on fait un abrégé de l'Histoire de cette science, ; œuvre publiée un an plus tard sous le titre:Cours entier de philosophie, ou Système général selon les principes de M. Descartes, contenant la logique, la métaphysique, la physique et la morale (Amsterdam, 1691,). Cette œuvre n'a pas été rééditée récemment, mais certains extraits sont disponibles sur internet



- Réponse au Livre qui a pour titre P. Danielis Huetii Episcopi Suessonensis designati, Censura Philosophiae Cartesianae, servant d'éclaircissement à toutes les parties de la Philosophie, surtout à la Métaphysique, in-12, par Pierre Sylvain Regis, Paris, Jean Cusson, 1691



- Réponse aux réflexions critiques de M. du Hamel sur le système cartésien de la philosophie de M. REGIS, Paris 1692, in-12,


- 1694: Lettre à MALEBRANCHE sur la grandeur apparente du soleil et de la lune (encore dénommé: « Première réplique de M. REGIS à la réponse du P. MALEBRANCHE , touchant la raison physique des diverses apparences de grandeur du soleil et de la lune dans l'horizon et dans le méridien », « Seconde réplique sur la manière dont nous voyons les objets qui nous environnent », » Troisième réplique sur les plaisirs des sens (Si le plaisir nous rend actuellement heureux), publié dans le « Journal des savants » du 25 janvier 1894


- De l'usage de la raison et de la foy, Paris, 1704,


- Discursus philosophicus in quo historia philosophiae antiquae et recentioris recensetur, s.l., sans imprimeur, in-12, 1705.




Auteur : Jean-Michel Braud




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